Création 2013
L’eau tonne 61
L’eau, métaphore du temps qui passe, est bien souvent stagnante quand il s’agit d’histoire.
- Lieu patrimonial
- Extérieur
- Bord de Seine
- Durée
- 20 min
- Public
- À partir de 12 ans
- Espace nécessaire
- Lieu patrimonial, extérieur, bord de Seine
- Sujet
- La manifestation du 17 octobre 1961 et sa répression
Le propos
Octobre 61, la mémoire de l’eau
L’eau, métaphore du temps qui passe est bien souvent stagnante quand il s’agit d’histoire. Faute d’avoir été brassée par les mots octobre 61 est devenu un de ces lac où l’on s’approche en apnée.
Le 17 octobre 1961 est organisée une manifestation pacifique contre le couvre-feu imposé aux Nord-Africains. Hommes femmes et enfants sont appelés par le FLN à manifester sans armes à Paris. Le préfet de Police alors en place est le tristement célèbre Maurice Papon, celui-ci incite les policiers à faire usage de la force, le nombre de victimes est estimé entre 80 et 200 morts. Les manifestants sont roués de coups, jetés dans la Seine et interpellés. Ils sont internés au Palais des sports, au stade Coubertin au centre d’identification de Vincennes et au Parc des expositions. Le lendemain 1 856 arrestations s’ajouteront quand même aux 11 518 de la veille, ils sont fichés, maltraités et pour plus d’une centaine expulsés vers l’Algérie.
Les sévices sur les détenus se prolongent jusqu’au 20 octobre où la salle du palais des sports doit être libérée pour un concert de Ray Charles. L’eau tachée de sang n’a pas d’odeur et Ray Charles peut chanter « Georgia on my mind ».
Le 20 octobre on fait place nette et c’est aussi aux femmes et aux enfants de défiler, la plupart se font intercepter aux arrêts d’autobus ou aux gares voire dès la sortie de chez elles ; celles réussissant à se rassembler font aussi face aux forces de l’ordre et à l’internement.
Les presses française et européenne ont rapporté abondamment et en détails le déroulement de cet événement qui a stupéfié une opinion publique française, qui ignorait jusqu’à l’existence, aux portes de Paris, de toutes ces femmes qui clamaient enfin au grand jour leur lutte pour l’indépendance de leur pays.
Les cadavres sont repêchés sur les berges de Seine où l’eau coule jusqu’au barrage de l’indépendance. Alors l’eau stagne, on tente de la contenir, fermer les robinets, noyer encore les corps.
Mais on ne peut amputer la mémoire de l’eau qui chante encore dans les tuyaux parisiens « Georgia on my mind ».
On en parle
Algérie FocusQuand l’Algérie et la France construisent un pont culturelarticle de 2013, consultable en archive
Distribution
Conception et chorégraphie
Nawel Oulad
Prochaines dates
Aucune date programmée pour le moment.
Programmer cette pièce
Nous répondons sous 48 heures, et nous adaptons le format à votre lieu.
Dossier de diffusion 2026-27
